BUDAPEST
Par sa situation unique sur le Danube, la capitale Budapest (dont le panorama magnifique est classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO) est l'une des plus belles villes du monde avec le centre historique de Buda, surplombant le large fleuve, traversé par le célèbre Pont des Chaînes qui rejoint Pest. C'est le centre vital de la Hongrie, sur tous les plans - culturel, administratif et commercial - en plus d'offrir des grottes, sources thermales, parcs et jardins au milieu de trésors touristiques tels qu'amphithéâtres romains, monuments Art Nouveau, musées, salles de concerts, théâtres, opéras, cafés, brasseries, clubs de jazz, bars qui donnent à la ville tous les attraits d'une ville moderne et branchée. Mais c'est sa beauté qui en fait son originalité : larges avenues, parcs verdoyants, diversité de son architecture lui ont valu le surnom de "Paris de l'Europe de l'Est". Plus encore, Budapest a conservé de nombreux édifices et un charme fin de siècle, qui fut la belle époque de sa prospérité. Du coup, c'est un plaisir de se promener à pied dans les rues.
Budapest - Les rives du Danube et la Colline du Château
Ces 2 sites protégés figurent sur la liste du Patrimoine Mondial de l'Humanité : les seuls, se trouvant au bord d'un fleuve, avec les rives de la Seine à Paris, à être ainsi distingués par l'Unesco. L'ampleur majestueuse du fleuve qui atteint jusqu'à 600 m de large, l'élégance architecturale des nombreux bâtiments qui s'y reflètent, le cadre de verdure que dessine la colline, l'alignement des 9 ponts enjambant le Danube, l'ensemble constitue un spectacle si captivant que l'on comprend pourquoi Budapest est aussi appelée « La Perle du Danube ».
A l'intérieur de son enceinte, le quartier du château abrite certains des plus importants monuments et musées de Budapest. Il se subdivise en deux parties distinctes : la vieille ville où vivaient les roturiers à l'époque médiévale, et le palais Royal, site de la construction d'un château fort au XIIIe siècle.
Les environs de Budapest
Szentendre
Sur la rive droite du Danube, l'une des plus belles villes de Hongrie, n'est qu'à 22 km au nord de Budapest. Se promener dans ses ruelles pavées ou sur la place principale entourée de superbes maisons anciennes aux façades peintes de couleurs vives donne la sensation de se promener dans un décor de théâtre. Autrefois lieu d'asile pour des colonies de réfugiés serbes, dalmates et grecs, Szentendre possède de nombreuses et très belles églises grecques orthodoxes du 14e S. Certaines ont été transformées en églises catholiques par les nouveaux habitants hongrois, mais aussi allemands et slovaques, au cours du 19e S. Beaucoup servent également de musées. Ville préservée, ville d'artistes, le charme baroque de ses constructions se teinte ici d'une surprenante et inoubliable atmosphère méditerranéenne.
Vác
Dans cette petite ville, toute proche de Visegrád, le roi Étienne 1er a fondé un siège épiscopal au 11e S. Mais la cathédrale de l'époque, détruite, a été remplacée en 1760 par celle que l'on peut considérer comme un parfait exemple du classicisme hongrois. Le palais épiscopal, l'hôtel de ville et, unique dans le pays, l'arc de triomphe érigé en l'honneur de la visite de Marie-Thérèse d'Autriche, renforcent le charme baroque des lieux, sans rien ôter à leur caractère intime.
Visegrád
Au sommet de la « courbe du Danube », à moins de 45 km de Budapest, cette petite ville a servi de résidence aux rois d'Anjou. Au milieu du 15e S., la cité connut un rayonnement exceptionnel avec le roi Mathias Corvin : le château, agrandi et embelli sous son règne, est cité par ses contemporains comme un chef-d'œuvre de la Renaissance. Aujourd'hui, du haut de ses vestiges qui dominent la ville, s'offre la plus belle vue qui soit sur le Danube hongrois.
Esztergom
Sur la rive sud du Danube qui sert de frontière naturelle avec la Slovaquie, à 60 km de Budapest, la ville a été choisie comme capitale par le premier roi fondateur de l'État chrétien hongrois, Szent István - ce qu'elle est restée jusqu'en 1246. S'il ne subsiste que des vestiges du château, dont quelques belles salles voûtées de l'époque romane, l'immense basilique est là pour rappeler que la ville est restée le siège de l'Église catholique du pays. Construite au 19e S. dans le style néo-classique, c'est le plus grand édifice religieux de Hongrie.
Gödöllõ
À 30 km de la capitale, la ville de Gödöllo est célèbre pour avoir été l'un des lieux de résidence préférés de l'impératrice Sissi, reine de Hongrie et de son époux l'empereur François-Joseph. Ce somptueux palais de style baroque - le plus vaste du pays - leur avait été offert par l'État lors de leur couronnement en tant que reine et roi de Hongrie en 1867.
Ouvert depuis peu au public, sa visite révèle la magnificence du décor qui servait de cadre à la vie quotidienne du couple impérial et entretient le rêve d'une époque romantique.
Ócsa
Ce petit bourg entoure de ses maisons traditionnelles aux vieux toits de chaume une belle et vaste basilique datant de 1560. Les environs, où des paysans circulent encore dans une antique carriole tirée par un cheval, sont restés sous le charme de la vie campagnarde d'autrefois et méritent aussi d'être découverts, comme faisant partie du patrimoine hongrois.
Ráckeve
À 40 km au sud de la capitale, sur la rive est de l'île Csepel, non loin des lieux de pêche et de sports nautiques, se tient le château d'Eugène de Savoie, prince franco- autrichien et général, le Habsbourg qui libéra Budapest des Turcs en 1686. Il a été construit en 1702 par Lukas von Hildebrandt, l'un des architectes les plus cotés de l'époque. Ici se trouve, la seule église serbe orthodoxe datant du Moyen Âge. De style gothique, ses murs abritent des fresques du 18e S. d'inspiration byzantine et une remarquable iconostase.
Le Danube central ou la « Courbe du Danube
Des montagnes de la Forêt Noire d'Allemagne, où il prend sa source, jusqu'à son delta sur la mer Noire en Roumanie, le Danube, deuxième fleuve d'Europe, offre la particularité de s'écouler d'est en ouest. À une exception près : lorsqu'il traverse le territoire de la Hongrie.
Là, après les quelque 160 km longeant la frontière slovaque, son cours s'infléchit légèrement vers le nord, intercepté par les collines de Gerecse. Puis, sous la bénédiction que semble lui adresser de sa silhouette haut perchée l'imposante basilique d'Esztergom, il s'engage dans l'étroit passage concédé par les monts Pilis et Börzsöny. C'est entre leurs escarpements abrupts, aux pieds des remparts de l'ancien château de Visegrád, que son cours est brusquement dévié pour bifurquer à angle droit vers le sud, en formant deux bras qui enserrent l'île romantique de Szentendre. Large de 3 km, longue d'environ 30 km, celle-ci offre de belles plages, un lieu de résidence privilégié pour les hongrois et de nombreux vestiges datant de l'Empire romain. À partir de là, le Danube va conserver le même cap pour plonger à travers les terres alluviales de la Grande plaine hongroise, et continuer son voyage en d'autres pays.
Ouvert à la navigation de plaisance, le "Coude" ou la Courbe du Danube, la partie la plus spectaculaire du fleuve hongrois, se prête à d'inoubliables excursions à bord des paquebots et hydroglisseurs que de nombreuses compagnies de navigation affrètent au départ de Budapest.
LA GRANDE PLAINE
La partie nord de l'Alföld, la Grande Plaine de Hongrie, regroupe différentes régions qui sont hautes en couleurs.
La Tisza, le cours d'eau le plus important en Hongrie après le Danube, y règne en souveraine, même si ses débordements ont dû être tempérés par la création de digues et surtout par la réalisation de barrages. Ces derniers sont à l'origine du magnifique lac Tisza et ont permis d'irriguer tout un territoire jusqu'alors voué à la sécheresse. Ailleurs, les terres humides ont été drainées et asséchées et sont devenues, elles aussi, fertiles. Si bien que le domaine de la « puszta », qui ici signifie désertique, n'a été préservé que dans la réserve du parc national de Hortobágy, la plus vaste steppe d'Europe centrale. Les paysages de pâturages, de vergers, de hameaux aux fermes coiffées de toits de chaume ou de roseaux, la découverte de forêts giboyeuses et de plans d'eaux poissonneux, le spectacle d'une faune et d'une nature protégées, le bien-être procuré par les innombrables sources thermales, la richesse de traditions rustiques et culinaires sauvegardées...
Lieux d'histoire, ces terres, avant d'être conquises par les Magyars en 896, avaient été traversées par les tribus nomades scythes, celtes, par les Romains, les Huns et les Avars. La domination des Turcs pendant un siècle et demi y a laissé son empreinte encore visible. Mais, si les villes ont été en partie remodelées sous l'influence des Habsbourg, c'est bien l'orient et l'occident qui ont fusionné ici pour enrichir la culture magyare.
Le Parc national de Hortobágy
Classé Patrimoine mondial, cet immense territoire de 80 000 ha, est unique. Il donne toute sa signification au mot « puszta » qui veut aussi bien dire désertique, abandonné, que regroupement de fermes isolées, vaste plaine... A perte de vue, les maigres pâturages de terre saline, les marais et les étangs qui se ramifient en ruisseaux poissonneux servent de décor à une faune et une flore protégée. Les cavaliers en costume traditionnel font des démonstrations de dressage et cavalcadent parmi les troupeaux de chevaux en liberté. Des races de bétail sont ici sauvegardées, le grand buffle gris qui fait plutôt penser à l'aurochs, le mouton raczka qui était en voie de disparition, ainsi que des espèces d'oiseaux rares.
On peut y déguster d'inoubliables goulaches au paprika et des soupes de poissons tout frais pêchés, servis dans une authentique « csáarda », auberge encore hantée par le souvenir des bandits de grand chemin. On peut aussi, une fois passé l'étonnant pont de pierres de Hortobágy, se laisser surprendre par des mirages de chaleur et se prendre à rêver d'infini, devant un horizon à peine troublé par la silhouette fantomatique d'un ancien puits à bascule.
Debrecen
À l'extrémité est du pays, la deuxième ville de Hongrie a bénéficié de sa situation de ville près de la frontière roumaine. Ville-marché en contact avec l'Empire ottoman, elle put éviter la destruction, puis garder son autonomie religieuse malgré la Contre-Réforme menée par les Habsbourg. La Grande Eglise réformée (Nagytemplom) en témoigne. Construite en style néo-classique, entre 1814 et 1821, elle est aussi le temple protestant le plus important du pays et le lieu souvenir de la déclaration d'indépendance lue par Kossuth en 1849. Le Collège (Református Teológiai Akadémia) fondé au 16e s. abrite la deuxième bibliothèque du pays avec plus d'un demi-million de volumes, dont de nombreux manuscrits et incunables précieux.
Debrecen est aussi une ville de loisirs. Dans les Bois Nagyerdo, les bains thermaux bénéficient d'une assistance médicale unique dans toute l'Europe et voisinent avec le parc zoologique, ainsi qu'une plage très appréciée.
Kecskemét
À Kecskemét, surnommée « la capitale de la Puszta », se mêle le parfum des abricotiers à la beauté d'un florissant patrimoine. L'Hôtel de ville, et le « Palais Paré », bâtiments construits dans ce même style, sont des chefs-d'œuvre. La grande place de cette cité est un vrai jardin qui entoure de remarquables églises de toutes confessions et sur lequel donne ce même Hôtel de ville dont le carillon est connu pour être l'oeuvre du célèbre compositeur né ici, Zoltán Kodály. Les traditions artisanales sont ici magnifiquement représentées à l'intérieur du Musée d'Artisanat folklorique hongrois : sculpture sur bois, poterie, tissage et création de ces merveilles qui sont la spécialité du « pays de la dentelle », nom donné à la ville de Kiskunhalas. Nappes, napperons, vêtements entièrement faits à la main rivalisent avec les dentelles de Bruxelles où elles ont même remporté le grand prix, lors de l'Exposition universelle.
La puszta de Bugac
Ce parc national vous donnera une idée de ce que pouvait être, autrefois, la vie paysanne dans la Grande Plaine hongroise (le mot puszta signifie « plaine »). Recouverte de marécages, de forêts et de dunes de sable, la puszta de Bugac est l'un des derniers grands espaces de liberté de Hongrie, avec l'Hortobágy, plus au nord. Elle se visite en voiture à cheval - les véhicules à moteur étant interdits -, ce qui permet d'approcher les troupeaux de bovins ou de chevaux et d'admirer en silence les paysages de la plaine.
Pécs
Pécs jouit d'un microclimat particulièrement doux, avec une moyenne d'ensoleillement de 2 000 heures par an. Ses vieilles maisons de pierre, ses places écrasées de soleil, son lacis de ruelles vous rappelleront irrésistiblement la Méditerranée.
Szeged
Dans l'écrin des forêts qui l'abritent, Szeged (la 4e ville de Hongrie) brille des rayons du soleil - le plus fort taux d'ensoleillement du pays- et de tout l'éclat d'une vie culturelle intense. Complètement dévastée par la crue dramatique de 1879 elle a bénéficié de l'aide des grandes nations pour une restauration dont la réussite peut être qualifiée de grandiose. Son immense cathédrale votive de style néo-roman, sert de décor somptueux au festival d'été qui réunit jusqu'à 6 000 personnes sur son parvis. Premier miracle engendré par sa construction, la découverte sur le lieu de ses fondations de la Tour Saint Démétrius dont l'origine remonte aux 12e s. La Synagogue est considérée comme l'une des plus belles du pays, tout comme l'église serbe orthodoxe construite avant 1778 en style baroque et dont la magnifique iconostase fait référence en Hongrie.
Les deux bâtiments de l'Hôtel de ville, reliés par un délicat « Pont des soupirs », et agrandi par le maître de l'Art nouveau Ã-dön Lechner a survécu aux inondations. Préservée aussi, l'église de la Ville basse achevée en 1503 est un exemple de pur style gothique sur les fondations d'un sanctuaire roman.
Gyula
Gyula a vu son sort attaché depuis à celui de son château fort médiéval en brique. Construit sur le bord du Körös Blanc au début du 15e s., il est passé sous le contrôle des Ottomans pendant 150 ans et en est sorti intact, ce qui en fait un cas unique en pays magyar. Aujourd'hui, ce sont les thermes paisibles et hospitaliers du prestigieux château baroque Almási qui accueillent le touriste en quête d'un peu de repos - même si celui-ci ne peut résister à l'envie de faire une entorse à son régime en passant devant l'affriolante et célèbre pâtisserie Százéves, admirée pour son décor et son style rococo, inchangé depuis plus de cent ans.
LA RÉGION DU LAC BALATON : un paradis pour les vacances
Les Hongrois sont fiers, à juste titre, de leur « mer intérieure », ce que le lac Balaton était, il est vrai, il y a des millions d'années. Aujourd'hui, avec une superficie de près de 600 km2, une longueur d'environ 80 km et une largeur qui atteint 14 km, ce lac d'eau douce est le plus grand d'Europe.
Coiffé, au nord par les collines verdoyantes et les escarpements de roches volcaniques du mont Bakony, bordé, au sud, d'une ligne continue de plages et de dunes sablonneuses, il présente tous les attraits d'un littoral appelant à la détente et aux joies nautiques les plus variées. D'autant plus qu'en été, l'eau, peu profonde, se réchauffe très vite pour offrir des températures de 20 à 26°.
Alimenté par de nombreux cours d'eau et des sources thermales gazeuses, le lac Balaton offre un cocktail d'eau douce idéal pour les joies du bain et pour la santé, grâce aux effets bienfaisants de sa richesse minérale, en particulier pour soigner les rhumatismes.
NORD DE LA HONGRIE
A l'est du Danube et au nord de la Tisza et jusqu'à la frontière slovaque s'étend la région la plus montagneuse de la Hongrie.
D'origine volcanique, les monts Cserhát et Matrá - ce dernier, avec 1015 m d'altitude, possède le sommet le plus élevé de Hongrie, abritent de larges vallées où, à proximité de châteaux en ruine, les villages ont conservé leur caractère médiéval et les habitants leurs particularismes locaux.
La région des monts Bükk compose des paysages d'une grande poésie où se mêlent de sombres forêts, des cascades romantiques, des étangs qui se prêtent au rêve - ou à la pêche - et des grottes gigantesques qui se comptent par centaines. Celles du mont Aggtelek, classées au patrimoine Universel, constituent le réseau souterrain le plus important d'Europe et arborent la plus grande stalactite du monde : 25 m de haut !
À l'extrémité est, les monts Zemplén offrent un double visage. Si, sur la partie nord, les zones de forêts protégées sont livrées à la vie sauvage, avec le retour de carnassiers comme le loup et le lynx, les versants sud exposent au soleil des vignobles donnant un vin fameux entre tous : le Tokaji.
Alors que les petits villages ont gardé des traditions et des structures médiévales, les principales villes sont fortement imprégnées de la poésie et du romanesque qui émanent d'une architecture où domine le style baroque.
Cette région un peu à part et d'autant plus préservée, a toujours été l'une des plus rebelles aux courants de l'histoire qui ont privé si longtemps la Hongrie de son indépendance.
Les châteaux de Szerencs et de Sárospatak, rappellent le rôle joué aux 17e et 18e s. par les Rákóczi, cette ancienne famille de voïvodes de Transylvanie qui n'ont cessé de combattre la Maison d'Autriche pour servir l'indépendance de la Hongrie.
Kossuth, le chef de la révolution de 1848-1849, est né à Monok, et ce petit village près de Szerencs s'enorgueillit d'un musée célébrant ce héros national.
Mais aujourd'hui, cette partie privilégiée de la Hongrie se révèle plutôt un havre de paix pour ceux qui viennent y chercher le dépaysement, la plénitude de loisirs au cure d'une nature préservée ou le plaisir d'un repos bien mérité dans l'une de ses nombreuses stations thermales.
Sur les versants abrités des vents du nord, les vignobles de Mátra, produisent des vins blancs très appréciés.
Hollókó
Au pied d'un vieux château fort en ruine, ce village-musée réunit 450 habitants qui sont comme les conservateurs d'un site que l'Unesco s'est empressé d'inscrire au patrimoine Mondial. Il n'y a là qu'une cinquantaine de petites maisons de pisé, blanchies à la chaux, au toit de chaume, avec pour caractéristiques d'être surélevées sur des socles de pierre et parées de belles vérandas en bois sculpté. Mais l'ensemble offre le spectacle unique d'une structure médiévale où le temps semble s'être arrêté jusque dans les intérieurs meublés et décorés comme autrefois. Au centre du village la petite église dresse son clocher de bois sombre contrastant avec la blancheur du bâtiment. Les habitants, pour la plupart des Palócs, mais aussi des Matyó, d'origine slovaque, revêtus le dimanche et les jours fériés de leurs costumes folkloriques colorés, insolites et raffinés, renforcent l'illusion de vivre dans le passé.
Aggtelek
À l'intérieur du Parc national d'Aggtelek les grottes karstiques sont inscrites au patrimoine Mondial de l'Unesco. Creusées au cours des millénaires par les eaux d'infiltration elles forment le réseau souterrain de ce type le plus important d'Europe.
Leurs ramifications qui s'étendent sur 22 km, et se prolongent au-delà de la frontière, en Slovaquie, dévoilent un univers fantastique de gorges, de puits et de salles immenses entourées de balcons formés de gigantesques stalactites et de stalagmites.
La plus vaste des 712 grottes dénombrées est longue de 25 km et la plus grande stalactite du monde, l'Observatoire, y dresse ses 25 m de haut...
Le parc lui-même offre un cadre de toute beauté à ce décor extravagant, avec au milieu des forêts, des lacs, des ruisseaux, des rochers à la blancheur éclatante et sculptés par le temps comme pour ajouter au romantisme des lieux.
Eger
La ville à laquelle le Nord-Est doit sa plus grande notoriété est adossée à une colline entre les monts Mátra et Bükk. Elle renferme des monuments historiques et de splendides bâtiments construits dans les styles prisés aux 18e et 19e s., et dont la tonalité générale lui a valu d'être désignée comme « la perle baroque ». On s'y promène dans des rues étroites qui elles-mêmes débouchent sur des places cernées de belles maisons anciennes et d'opulents hôtels particuliers apparus après le départ des Turcs en 1686.
De ces derniers ne subsistent que les vestiges de quelques bains visibles dans le quartier des établissements thermaux et, demeuré étonnamment intact, le minaret. Du haut de ses 35 m, si l'on a le courage de monter ses 93 marches, on peut profiter d'une vue magnifique sur la ville et ses environs. Mais le souvenir le plus évident laissé par les Turcs est l'ancienne forteresse médiévale qui domine la ville. Sous ses murs, en 1552, les 100 000 soldats de Soliman le Magnifique furent mis en déroute par les quelque 2 000 hommes et femmes défendant la place sous le commandement d'István Dobó, le héros de la ville. Cette résistance homérique, racontée dans le roman de Géza Gárdonyi, « Les Étoiles d'Eger », est devenu symbolique du sentiment patriotique hongrois. Les Turcs ne l'emportèrent qu'en 1596.
Aujourd'hui de nombreux festivals animent la ville qui leur offre le décor de ses monuments prestigieux.
Le palais épiscopal rappelle que la cité est pour assurer la conversion des Magyars au début du 11e siècle.
La Basilique néo-classique impressionne par ses dimensions qui en font le plus grand bâtiment religieux de Hongrie après la cathédrale d'Esztergom.
Le Liceum et observatoire Spekula possède une bibliothèque dont les manuscrits, les éditions rares et les 130 000 volumes la désignent comme l'une des plus importantes du pays. Son architecture et ses immenses salles décorées font de ce bâtiment l'exemple parfait du style rococo en Hongrie, tout comme les portails du palais du Prévõt Mineur, récompensés d'une médaille d'or à l'Exposition universelle de Paris en 1900. L'Eglise des Minorités, avec ses coupoles ornées d'éblouissantes fresques et ses hauts clochers à bulbes est à ce point admirée que beaucoup la considèrent comme « le plus magnifique édifice baroque du monde ».
Ville d'art, ville souvenir, ville thermale aussi, Eger n'oublie pas cependant qu'elle est au centre d'une région viticole importante.
Ses nombreuses caves et tavernes sont comme autant d'invitations à goûter les grands vins qui font partie de sa réputation. Les plus connus sont le « Sang de taureau » appellation due à sa robe d'un rouge presque noir et un vin blanc dont la douceur le fait appeler «Fillette d'Eger », nom qui est, sans aucun doute une marque d'affection.
Szilvásvárad
La Hongrie est connue pour être l'une des grandes patries de l'élevage de chevaux et chaque région possède ses haras. Ceux de Szilvásvárad sont particulièrement célèbres dans le monde pour ses étalons lipizzans.
Ce nom leur vient du village Lipizza près de Trieste dont ils sont originaires et qui autrefois était intégré dans l'empire austro-hongrois. Les pâturages du Bükk permettent de les élever en liberté dans les conditions idéales.
Les passionnés d'équitation - et les autres- bénéficient aussi dans les environs d'un cadre préservé et de sentiers forestiers qui les mènent aux spectaculaires chutes d'eau de Fátyol et sur la trace des hommes préhistoriques dans les grottes d'Istállóskö.
Tokaj
Accroché à une colline qui se prolonge, au-delà de la Tisza, dans la Grande Plaine, Tokaj est un tout petit bourg surmonté d'une forêt de pins et d'acacias.
Son nom est pourtant connu du monde entier. La raison en est le vin produit par ses vignobles et ceux de la région de Tokaji-Hegyalja : le Tokaji. Cette appellation connaît une renommée désormais inséparable de la définition qu'en a donné le roi Louis XIV: « vin de roi et roi des vins ».
Le caractère particulier de son bouquet est en partie le fruit d'un sol volcanique de nature argileuse associé à un microclimat où les étés et les automnes profitent d'un ensoleillement exceptionnel.
L'autre composante de son élaboration repose sur des vendanges tardives destinées à favoriser l'apparition d'une pourriture noble qui va faire se concentrer le sucre dans les grains touchés par elle.
Ces derniers sont choisis pour entrer dans la composition du « tokaij aszu » et lui donner sa douceur et son parfum incomparables. Les grains non touchés, quant à eux, sont utilisés pour produire des vins secs et non moins excellents : le Tokaji Furmint et le tokaji hárslevelü. Mais c'est le savoir-faire des vignerons utilisant des méthodes de vinification dont l'origine remonte au 17e S. et leur respect d'une grande tradition qui assurent la réputation plusieurs fois séculaire d'un vin noble entre tous.
Sárospatak
Ancien foyer intellectuel du calvinisme, centre culturel actuel de la région Tokaji-Hegyalja, cette ville possède un grand établissement thermal au milieu d'un parc. Mais sa célébrité lui vient surtout du château des Rákóczi. Avec sa forteresse, l'une des mieux conservées du pays et sa « Tour Rouge », vaste bâtiment de cinq étages aux salles décorées de magnifiques sculptures, cet ensemble architectural est considéré comme un véritable chef-d'oeuvre intégrant harmonieusement des éléments d'art gothique, Renaissance et baroque. Les Rakóczi s'y installèrent en 1616
LA TRANSDANUBIE
Délimitée au nord et à l'est par le Danube, la Transdanubie est aussi variée dans ses paysages que dans l'origine ethnique de ses habitants. Ses douces collines, ses vallées fertiles, ses forêts giboyeuses et ses eaux thermales, avant d'attirer de pacifiques touristes, n'auront cessé de susciter des convoitises passionnées, mais souvent destructrices.
Chaque ville ici rappelle ce passé tourmenté. Dans la plupart, le château fortifié entouré d'un « belvaros » - quartier des belles rues aux maisons baroques -, semble témoigner et veiller au maintien des traditions. Et celles-ci sont nombreuses, caractérisées, ici plus qu'ailleurs, par la variété des appartenances ethniques. Magyars, Serbes, Croates, Allemands, Slovaques, ont au cours des siècles enrichi de toutes leurs nuances les couleurs d'un folklore et d'un artisanat plein de la vitalité, de la gaieté indéfectible du caractère hongrois.
Vers la frontière autrichienne, les étendues verdoyantes des rives du Ferto, le lac frontalier, et du Parc National Fertö-Hanság, sont des lieux de loisirs et de détente dans un cadre naturel préservé.
De Sopron à Zalaegerszeg, les routes serpentent entre collines, vallées, cimes de montagnes, et longe des forêts de châtaigniers, d'immenses pinèdes et des coteaux ensoleillés couverts de vignobles aux vins réputés.
Pannonhalma, la cité historique des premiers chrétiens magyars.
Inscrite au Patrimoine mondial par l'Unesco, l'abbaye bénédictine de Pannonhalma est située au sommet d'une colline dominant la Petite Plaine. Épargnée par les Turcs grâce à son orientation vers la Mecque, l'église est le plus ancien édifice religieux du pays. Si l'actuel monastère est de style baroque, l'église et la crypte, tout comme la « porte Spéciosa », sont de purs joyaux de l'architecture romane et gothique.
L'abbaye, fut fondée en 996 par le prince Géza, père du futur 1er roi chrétien hongrois confirmé par le pape, Étienne 1er, et canonisé sous le nom de Saint Étienne. C'est alors la toute première institution religieuse de la nouvelle patrie. Les moines venus de Venise et de Bohème, outre leur mission de conversion du peuple magyare, eurent un rôle décisif dans l'enseignement de nouvelles méthodes d'agriculture. L'actuelle bibliothèque est des plus riches et compte dans ses archives des documents inestimables comme la lettre de privilège remise au cloître en 1001 et l'acte de fondation daté de 1055 de l'Abbaye de Tihany installé dans des grottes aménagées sur le lac Balaton.
Györ
À mi-chemin entre Vienne et Budapest, au confluent du Danube et de deux rivières, « la ville des eaux » bénéficie d'une situation qui en fit de tous temps le centre d'une grande activité intellectuelle et commerciale. En 1743, elle fut déclarée ville royale par l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche et l'ancien quartier médiéval devint ainsi entouré, comme protégé par une enceinte de belles maisons et d'élégants bâtiments de style baroque.
La chapelle gothique de la cathédrale présente, parmi ses nombreux trésors liturgiques, le reliquaire figurant le portrait en buste de Saint Ladislas, roi de Hongrie. Cette pièce unique est considérée comme un chef-d'œuvre absolu de l'orfèvrerie médiévale.
À quelques kilomètres de là, l'impressionnante église de Lébény du début 13ième s. est un des monuments romans les plus importants et les plus beaux et de Hongrie.
Sopron
Environnée de collines qui font partie d'un parc national protégé, l'une des merveilles de Hongrie est aussi la ville qui a le mieux préservé un patrimoine artistique et historique presque aussi riche que celui de Budapest. La proximité de Vienne a joué un rôle qui lui valut d'être épargnée lors des destructions commises au temps des Mongols et pendant l'occupation ottomane.
Ville déclarée libre au moyen-âge, habitée par une riche bourgeoisie, adoptée plus tard par de grandes familles comme les Eszterházy et les Széchenyi, elle est depuis toujours le centre culturel et économique de la Hongrie de l'ouest.
Ses 115 monuments classés, ses rues étroites qui vous font remonter le temps entre des alignements de maisons de style baroque, renaissance et gothique, la convivialité de ses restaurants, cafés et boutiques assaillies par les voisins autrichiens, qui viennent aussi pour ses instituts dentaires réputés, tout cela compose un décor et un lieu vie unique au monde.
La Tour de feu, emblème de la ville, est aussi un témoin de l'histoire hongroise : sur ses fondations datant de l'époque romaine, se superposent les styles romans, Renaissance et baroque. Dans « l'église de la Chèvre » construite au 13e S. et dont la tour est considérée comme le plus bel exemple de clocher gothique en Hongrie, de nombreux rois furent couronnés. Il faudrait aussi citer la beauté de la Grand-Place, Fö tér dont chaque maison est un morceau d'histoire, la pharmacie médiévale Engel, le musée d'archéologie de la maison Fabritius, la vieille synagogue fondée en 1370...
Sopron est aussi chère au cœur de tous les hongrois qui l'appellent « la ville de la fidélité » en hommage au référendum de ses citoyens qui refusèrent, en 1921, d'être intégrés à l'Autriche comme le stipulait le traité de Trianon.
Fertöd
Le château du domaine de Eszterháza est un lieu magique tant par sa magnificence que par les souvenirs qu'il évoque. Cet immense palais de 126 pièces fut construit, et son parc dessiné à la française, selon les voeux du Prince Miklós Eszterházy, dit le « magnifique », pour égaler le prestige du Château des Habsbourg à Schönbrunn, même si aujourd'hui on l'appelle « le Versailles hongrois ».
Site classé, c'est en effet le plus majestueux château de Hongrie. Les meilleurs architectes de l'époque ont contribué à sa réalisation, ainsi que les décorateurs les plus en vue et l'intérieur que l'on peut visiter répond par l'exubérance de sa splendeur baroque à l'élégance des bâtiments. Des fêtes et des réceptions fastueuses furent données dans ses salons. Si Franz Liszt, l'enfant du pays, donna à 19 ans son premier récital à Sopron, le nom de Joseph Haydn est attaché, lui à ce lieu où, de 1761 à 1790, il fut maître de musique de l'orchestre entretenu par le Prince. Le Festival Haydn : de nombreux concerts et opéras y perpétuent aujourd'hui le souvenir de ce passé brillant.
Nagycenk
Cette petite commune, présente deux centres d'intérêts aussi passionnants l'un que l'autre : de superbes écuries d'un haras d'élevage d'étalons et un Musée du chemin de fer, qui est l'occasion de conserver et de faire circuler de vieilles locomotives du 19e S.
Mais la célébrité du lieu est surtout due à l'imposant et sobre manoir-château qui s'y tient. Ce fut le lieu de résidence d'une famille illustre d'aristocrates hongrois, les Széchenyi. Ferenc Széchenyi est connu pour avoir fondé le Musée national de Budapest. Son fils, Istvan, lui, entreprit de moderniser son pays et y consacra une partie de sa fortune personnelle. Il distribua des terres de son domaine aux paysans, contribuant ainsi à l'abolition du servage. Il lança les grands travaux d'aménagement et d'assèchement des zones inondables de la Tisza ce qui favorisa l'essor de l'agriculture et de l'élevage. Il fit construire le premier « pont solide » reliant, dès 1849, Buda à Pest (le pont des Chaînes porte aussi son nom), assura l'avenir du lac Balaton en y créant le premier transport par bateau à vapeur, exemple bientôt suivi sur le Danube. Le premier chemin de fer hongrois lui doit aussi l'existence. Aussi ne faut-il pas s'étonner que cet homme, bien qu'un très court laps de temps ministre au premier gouvernement indépendant de 1848, avec Kossuth, soit cité par ses compatriotes comme étant « le plus grand des Hongrois ».
Köszeg
Cette ancienne place frontière a pu garder au-delà des guerres le charme médiéval de son centre-ville. Le château construit au 14e S., agrandi par la suite, apparaît aujourd'hui tel qu'il était au 17e S. Il abrite le musée Miklós Jurisics du nom du capitaine qui y inscrivit une glorieuse page d'histoire.
Szombathely
Fondée en 43 av. J.-C., sur la Route de l'Ambre rejoignant la mer Baltique, l'antique Savaria compte de nombreux vestiges datant de l'empire romain dont des tronçons conservés de cette voie. La ville riche en monuments romans et gothiques a vu se construire de nombreux édifices dans les styles baroque et néoclassique à partir du 18e S., après avoir été élevée au rang de siège épiscopal sous les Habsbourg.
Des stations thermales réputées: Bük et Sárvár
C'est en forant pour trouver du pétrole qu'on a pu découvrir à Bük, dans les années 60, la source thermale la plus abondante d'Europe, au point qu'elle a permis de créer un petit lac, une piscine couverte et de nombreux établissements accueillant des touristes du monde entier. Certains d'entre eux profitent de l'excellence des soins dentaires, spécialité hongroise, d'autres apprécient de trouver à proximité le plus beau terrain de golf du pays.
La station thermale de Sárvár est la plus récente de Hongrie. Ses eaux dépassent les 80° et leurs bienfaits remplacent avantageusement les bains que prenaient en son château, dit-on, « la princesse vampire ». Ceux-ci étaient faits du sang de jeunes vierges qu'elle sacrifiait pour conserver à sa carnation l'éclat de la jeunesse... Ce que l'on espère n'être qu'une sinistre légende habite les murs du château et fait presque oublier que ce fut surtout un haut lieu de la Renaissance : les premiers ouvrages en hongrois, dont la Bible, ont été imprimés ici.
Les sites hongrois classés au Patrimoine mondial de l'UNESCO: